Le voyage du peintre

Quand je voyage
Je vais très loin :
Mon tableau blanc
Posé sur mon chevalet
Debout devant
Pinceau en guise de manette
Je pars.
Et voici quelques traits
Le voyage s’avère beau
Maintenant au tour des couleurs
Quelques aplats
Quelques dégradés
Le voyage de mon inconscient
Vers l’espace qui l’environne
Commence
La destination approche
Encore quelques frichtis
Pour animer
Et me voilà arrivé
À la « gare Rémi Dujat »
Qui se dessine déjà

Au loin,
Côté droit,
Au bas de la toile.
Voyage bien nombrilistique,
Me direz-vous,
Mais parfois j’y rencontre
De magnifiques Vénus
Inexistantes dans l’espace réel.
Moi, pour partir vraiment en voyage
Il faudrait
Que la machine à remonter le temps
Soit mise au point
Là, je pars
Ça vaut vraiment le coup.
Ah ! Revoir les chers êtres disparus.
Je ne pars donc jamais
En vrai voyage
Pourtant, j’entame bientôt
Mon cinquante quatrième tour
Autour du soleil.

À Pau, le 27 mars 2005.